Apprendre à s’aimer soi-même

 Je suis sûr que vous avez lu beaucoup de fois cette phrase : « il faut d’abord s’aimer soi-même ».

Mais qu’est-ce que ça veut dire ? S’agit-il de vous faire un chocolat chaud quand vous avez froid ? S’agit-il de vous acheter une nouvelle robe quand vous en avez envie ? Est-ce faire ce que vous voulez quand vous le voulez ? S’agit-il de mettre des vêtements chauds quand il fait froid dehors ?

S’aimer soi-même signifie apprendre à vous traiter comme un parent aimant le ferait avec son enfant.

s'aimer soi-même

S’aimer soi-même, se réconcilier avec son enfant intérieur

Même une fois devenu un adulte, et je suppose que vous l’êtes, vous avez gardé en vous un enfant intérieur. Ce sont vos émotions. A ce niveau, vous réagissez toujours comme un enfant de 3-4 ans. Vos émotions ne peuvent pas vieillir. Mais vous vous pouvez grandir et devenir adulte. Vous pouvez apprendre à les respecter et à les gérer. Vous pouvez apprendre comment prendre soin de cet enfant intérieur.

Quand vous n’avez pas conscience de votre enfant intérieur, vous essayez de vivre dans un monde d’adultes comme un garçon ou une fille de 4 ans. Vous vous sentez seul, avec la peur du grand méchant monde extérieur, ne sachant pas quoi faire, où demander de l’aide, comment vous protéger. C’est très difficile à vivre. Vous ressentez toujours de la peur, de l’angoisse, du doute, de la fatigue. Il est difficile d’essayer de survivre comme un enfant dans un monde qui grandit. La plupart du temps, vous vous sentirez en colère, anxieux, et perdu.

Pourquoi cela ? Parce que personne ne prend soin de ce petit enfant à l’intérieur de vous.

Admettons que votre nom soit Charlotte. Vous êtes âgé de 42 ans. A l’intérieur de vous vit la petite Charlotte. Elle a 4 ans. Lorsque vous êtes occupée à l’extérieur en prenant soin d’autres personnes, d’entreprises, de vous déplacer, de faire mille choses tous les jours, la petite Charlotte se sentira négligée. Lorsque vous êtes toujours à courir pour aider les autres, pour vous assurer que leurs besoins sont satisfaits, vous serez épuisée tous les soirs et pleurerez dans votre lit. Parfois, vous laisserez éclater des crises de colère. Vous vous sentirez très en colère sans raison (mais il y en a toujours une, une grosse !).

Toutes ces grandes émotions sont des tentatives de votre enfant intérieur pour attirer votre attention.

Imaginez que vous avez, en plus de vos enfants, mari, collègues, parents, amis, une petite fille de quatre ans nommée Charlotte. Personne ne l’a jamais remarqué. Personne ne prend soin d’elle. Chaque fois qu’elle essaie de dire quelque chose et d’obtenir une certaine attention, vous lui dites : « Tais-toi ! ». Vous dites : « Je dois prendre soin de mes parents, mon travail, mon mari, mes papiers, mes amis, mes autres enfants, ma maison … Je n’ai pas de temps pour toi ! »

Comment pensez-vous qu’elle va se sentir ? Que pensez-vous qu’elle va faire ? D’abord, elle va essayer d’obtenir votre attention en se manifestant par de grandes émotions. Elle va pleurer beaucoup, elle va hurler et crier, peut-être qu’elle devient même agressive de temps en temps. Vous pensez que vous êtes en colère contre le monde extérieur, mais c’est votre enfant intérieur qui est en colère contre vous ! Elle est triste et en colère parce que vous ne vous souciez pas d’elle ! Vous agissez comme si elle n’existe pas ! Rien n’est pire que d’agir comme si notre enfant intérieur n’existe pas. Cela signifie essayer de vivre comme si nous n’existions pas.

Le pire sentiment au monde est d’être déloyal envers soi-même. Rien n’est pire que cela !

Combien de fois avons nous ignoré ce que nous ressentions pour plaire à quelqu’un d’autre. Combien de fois avons-nous dit à notre enfant intérieur : « Tais-toi, tu n’es pas important, l’autre est beaucoup plus important que toi, allez ! je ne veux pas t’entendre, je ne veux pas te voir » ? C’est terrible n’est-ce pas ? Et nous le faisons chaque fois que nous privilégions le désir de l’autre avant le nôtre.

Cette petite Charlotte, qu’est-ce qu’elle va faire ? Elle va abandonner après un certain temps. Après avoir essayé longtemps pour montrer ses émotions, elle va abandonner. Elle va devenir très fatigué de tout cela, et elle dira : « Ce n’est pas grave, elle ne m’aime pas, elle ne veut pas prendre soin de moi, je ne le vaux pas », et elle va déprimer.

Bien sûr, vous pensez que vous êtes déprimé à cause d’autres personnes, à cause de votre travail, à cause de vos enfants, à cause de votre mari ou de vos parents.

Ce n’est la faute de personne. Mais vous devez apprendre à prendre soin de cet enfant intérieur qui souffre de ce manque d’attention envers lui.

Lorsque, après avoir déprimé, les choses ne changent toujours pas, il y a une arme de réserve pour attirer votre attention : petite Charlotte va tomber malade. Ou bien elle aura un accident. Peut-être qu’après ça, la Charlotte adulte va apprendre enfin à prêter attention à son enfant intérieur, qui est aussi réel (sinon plus) qu’un véritable enfant de chair et de sang.

Vous devez apprendre à être un parent aimant pour vous-même.

Qu’est-ce que ça veut dire ?

Vous devez d’abord développer une Mère intérieure. Si vous avez eu la chance d’avoir une mère aimante, vous pouvez la prendre comme exemple. Sinon, vous aurez besoin d’inventer, de créer cette Mère intérieure, qui est l’énergie de votre bienveillance féminine. Chaque fois que vous avez une émotion, votre Mère intérieure devrait demander à votre enfant intérieur : « Qu’est-ce qui se passe, ma chérie ? » Écoutez ce que votre enfant intérieur a à dire. Soyez dans le dialogue. La Mère Intérieure dit : « Viens ici. Viens dans mes bras, Je t’aime comme tu es. Je t’aime avec ce que tu ressens ».

Chérir l'enfant intérieurEn faisant cela, le poids des émotions va sensiblement diminuer. Et puis, dites ces mots : « Je comprends ». Ces mots sont très importants, car la plupart du temps nous ne nous sentons pas très « normal » de ressentir des émotions et nous essayons de les ignorer ou de les supprimer, ce qui les rend encore plus pesants. « Je comprends, ma chérie, viens ici dans les bras de ta mère, je t’aime ».

Restez avec ces mots et ces sentiments pendant un moment, et puis demandez : « De quoi as-tu besoin ? ».

Quelles que soient les réponses de votre enfant intérieur, dites : « Nous allons poser la question à ton Père ».

Et ici commence la tâche de votre Père intérieur, qui est là pour vous protéger et vous représenter dans le monde extérieur. Vous n’auriez jamais envoyé un enfant de quatre ans demander une augmentation de salaire ou apprendre à résoudre un conflit à l’école ou avec les voisins, non ? Alors pourquoi ne pas essayer ? Envoyez votre Père intérieur pour prendre soin de ce que vous avez à faire dans le monde extérieur. Votre Père intérieur est votre énergie masculine, ce qui vous permet de prendre des décisions, d’agir, de suivre votre guidance intérieure (qui se trouve en vous, votre enfant intérieur, également appelée intuition) et de manifester les désirs de votre enfant dans le monde.

Lorsque votre enfant a besoin, par exemple, d’appeler un correspondant ou d’aller quelque part pour organiser quelque chose, imaginez que votre enfant intérieur reste à la maison avec sa mère qui prend soin de ses sentiments (« Je comprends que tu aies peur …») et que votre Père intérieur (une autre partie de votre être) va là-bas pour agir. Votre Père intérieur est la partie de vous qui est capable de gérer le stress, de prendre des mesures afin d’organiser les conflits et toutes les autres choses qui a à voir avec le monde extérieur. Si cette pièce est manquante parce que vous n’avez pas eu un bon modèle quand vous étiez petit vous-même, vous aurez à le créer et le développer.

Bien sûr, votre enfant intérieur, la mère et le père sont tous des parties de vous. C’est tout ce que vous êtes. C’est juste un modèle pour comprendre ce qui se passe à l’intérieur de vous et comment vous pouvez apprendre à vous aimer vous-même.

S’aimer soi-même c’est être à l’écoute de votre enfant intérieur, en prenant au sérieux ses émotions, comprendre ce qu’il ressent et agir dans le sens souhaité. S’aimer soi-même c’est avoir ce dialogue avec vous tous les matins quand vous ouvrez vos yeux, chaque soir quand vous allez au lit, et chaque fois que vous avez une émotion.

S’aimer soi-même c’est la construction d’une liaison intérieure forte avec soi-même.

Il s’agit de créer votre propre famille aimante, à l’intérieur de vous. Vous ne vous sentirez jamais plus seul. Vous êtes déjà trois ! Appelez cela votre Trinité. Partout où vous allez, à partir de maintenant vous allez avec votre famille intérieure. Vous n’êtes pas seul. Vous êtes aimé et vous êtes protégé. Vous vous écoutez et prenez soin de ce précieux petit enfant qui attend depuis si longtemps pour obtenir votre attention et de l’amour.

C’est la guérison intérieure.


Commentaire

Apprendre à s’aimer soi-même — 13 commentaires

  1. Bonjour Albert;
    Il est dit dans Bible que DIEU EST AMOUR.Nous, humains qu’il a crées à son image, sont des étincelles de cet AMOUR.Les hommes doivent s’aimer les uns les autres; pour que les choses se passent bien, cet amour doit commencer par soi-même; alors, vous attirez l’amour des autres.
    Merci Albert pour cet article.
    Pierre.

  2. Bonjour, s’aimer soi même c’est se prendre en charge en tout et pour tout soi même.
    Surveiller sa santé, son quotidien, ses habits, son manger et son entourage. A partir de son éclat, on rayonne et on devient lumière partout où on est. Les autres s’approcheront de vous et feront de vous un exemple et un attrait.

  3. Je suis d’accord Albert, se prendre en charge soi-même en tout et pour tout…… Vas programme !!
    Evitez les il faut, je dois ….
    J’ai enfin compris d’où venaient tous mes soucis de santé(éducation, pression de l’entourage familial et/ou professionnel) en fait, je ne dirigeais pas ma vie comme je l’entendais. Pourtant, j’étais traités de rebelle, de mauvais caractère….. Suite à de graves problèmes de santé, j’ai pris conscience que les problèmes venaient de moi, je veux dire de mon mode de fonctionnement (tjrs tiraillé entre le « faire ce que je veux et faire plaisir aux autres…). En fait, non et non, quand nous sommes bien, les autres en tirent aussi de nombreux avantages. J’ai 54 ans, je commence enfin à m’écouter (à entendre la petite fille qui vit tjrs en moi), j’avoue que grâce à elle, j’avance à petits pas mais sûrement. Tout est perfectible, tout peut s’arranger.. avec un peu ou beaucoup de patience. Voilà un mot qui m’interpelle !! La patience c’est exactement ça. Apprendre à être patiente…. Allez, j’ai encore fort à faire.
    Très belle journée !

  4. je ne comprends pas ce que tout ca veut dire. C est quoi cet enfant interieur , la mere et le pere ?c est compliqué a comprendre.

  5. et si prendre soin de son enfant intérieur consiste à s’opposer à ses proches au risque de déclencher des conflits on fait quoi???

  6. Ça peut paraitre risqué,ma solution fut de sourire ,de prendre ma famille avec ses choix, et de continuer ma route en dansant , en ayant confiance en cette pureté et cette authenticité ai émanaient de mon être,
    la suite fut des plus étonnant et magnifique. à tester et la vie se chargera du reste. Merci la vie.ciao

  7. très franchement je comprends rien je n’ai jamais eu le sentiments d’avoir deja eu un enfant de moi, en moi, je comprends bien le sens de cet article. mais par exemple comment un faux enfant peut avoir un accident ou etre malade qu’on me donne un exemple parce que là je vois pas. j’aimerais vraiment comprendre parce que si tout le monde est sensé avoir cet enfant soit je peux affirmer que le mien est mort depuis des années et que je l’ai jamais connu.
    quand j’interroge cet hypothétique enfant la reponse est …………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

    autant dire un grand vide. une autre question comment faire quand on ne ressent aucune émotion.

  8. Personnellement je dirais à ceux qui ne voient pas ou ne ressentent pas les émotions de l’enfant en soi, c’est se dire que notre façon d’agir & être au présent dépend de notre passé aussi lointain qu’il puisse paraître.Alors on n’a tous l’opportunité de reprogrammer nos pensées en se disant que le passé on ne peut le refaire mais que par contre on peut pour soi-même & être plus heureux en se prenant en main et s’imaginant être notre propre parent, soit mère, père, ou les deux.,& de s’offrir le cadeau d’être pour soi-même tout ce qui nous a inconsciemment manqué. Je dis inconsciemment, car au passé on ne s’en ai peu-être pas rendu compte de ces certains détails manquant ou d’amour a notre égard,& qu’en plus en vieillissant dans ces habitudes on ne s’est même pas rendu compte que l’on recherches ces manques a l’extérieur, soit en l’autre ou les autres, en matériels, en attentions, en dépendances …ect. Par contre avec le temps on devient de plus en plus conscient d’être presque toujours insatisfait. C’est donc là que l’on se doit de se poser certaines questions du genre, quel vide ou chose est-ce que je cherche à combler? Et sans jugement envers qui que ce soit, on passe donc a l’action en s’accordant la sagesse de s’offrir ce vide ou cette chose nous-même. Il faut se dire que s’il nous a fallu en faire la recherche, que nos parents ne l’on sûrement pas détecté non plus. On ne trouve que la réponse par le résultats ressentit de notre façon d’agir.Exemple si on réalise que l’on ne peut se passer de l’autre c’est qu’il y a de forte chance que cette affection nous a manqué étant plus jeune & que ni nos parent ni nous même l’avons vraiment réalisé au moments même de se ressentit.Pourquoi?,simplement par pur innocence de l’un ou des deux parties.Avec le temps les émotions ressortent & se font ressentir selon la source sous forme de problèmes & réclament leur dûs, afin de nous faire comprendre notre obsession envers les attentes que l’on se fait.C’est alors qu’en s’offrant plus d’attention envers soi que ce besoin obsessif envers l’autre s’atténue, puisqu’on aura appris a le combler déjà soi-même. Nous nous attardons un peu trop souvent au luxe matériel sans tenir compte de nos vrais besoins intérieurs qui eux nous font vibrer de sensations & de satisfactions par les émotions & non seulement du regard. Autrement dit lorsque tu découvre un événement qui te fais mal, dis-toi qu’il ne fait pas partit de tes vrais besoins & au lieux d’en accuser qui ce soit, offres-toi l’opportunité de cette recherche sans perdre de temps & tu t’en ressortiras sainement,physiquement & mentalement avec une motivation glorieuse, dont tu prendras un immense plaisir, de vouloir tout rebâtir ta vie comme tu l’entend en jouant ton propre rôle parental pour toi-même tout au long de ta vie.Je vais dire comme ma maman me répète continuellement;’Bon Succès » Il vaut mieux réussir sa vie que de réussir dans la vie ! Et n’oublie jamais que nous sommes l’auteur de nos propres créations de la naissance jusqu’à la dernière heure.Ne laisse personne d’autre prendre le volant de ta vie.

  9. Je lis cet article avec intérêt car il me semble qu’il y a eu un cruel manque d’accompagnement dans toute découverte de l’enfant intérieur : cette métaphore est très intéressante pour moi, car je suis animatrice et directrice de colo, et durant celles-ci j’ai 35 enfants, imaginez si à 8 personnes nous devions rester sans arrêt avec chacun, c’est là que nous deviendrions schizophrènes ! Quand bien-même un enfant a plus d’attention auprès de sa mère, dans une fratrie il faut s’occuper de tout le monde. D’où le besoin de frustration, l’enfant doit vivre ce sentiment. Je pense donc que notre enfant intérieur également, car si nous le gâtons trop, alors ce sera au dépend des autres qui nous entoure. Tout comme les enfants, il y a certaines fois où ils doivent admettre que nous ne sommes pas à leur disposition et doivent savoir patienter. Il ne faut pas en abuser bien sûr, au risque de le lasser, mais parfois… C’est là toute la dimensions d’altruisme pour moi : ne pas faire de notre enfant intérieur notre unique centre d’attention. J’ai une connaissance qui parle beaucoup de son « enfant intérieur ». Elle se trouve dans des cercles que je ne comprends pas très bien, apprend à se recentrer, mais aujourd’hui se recentre tellement qu’elle en arrive à ne plus voir que cet enfant intérieur, et à vouloir passer trois jours dans le noir seule pour être avec elle-même. Aujourd’hui elle ne supporte plus de voir les choses qu’elle n’aime pas, elle se donne le droit de rejeter les autres et donne le droit universel d’exprimer la haine, la colère et l’agressivité sans tabou. Peut-être n’a-t-elle pas été assez accompagnée, et désormais elle n’a d’yeux que pour son enfant, alors celui-ci fait de grosses crises dès qu’elle détourne un peu le regard, ou qu’elle ne lui accorde pas exactement ce qu’il lui a demandé.

    • Bonjour Leila,

      Merci pour ce commentaire que j’approuve complètement.
      Un enfant a besoin d’affection. Mais, pour grandir, il doit aussi accepter de devoir faire face aux épreuves de la vie. Pour devenir adulte, il doit apprendre à se prendre en main et à devenir responsable de sa vie. Sinon, il restera toujours un éternel enfant à pleurer dans les jupes de sa mère et à rejeter tout ce qui ne lui convient pas. Nous devons montrer de l’affection pour notre enfant intérieur, prêter attention à ses émotions. Mais, comme tout parent aimant, nous devons aussi l’encourager à devenir adulte.

      Amicalement
      Albert

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